Disparition de la justice sociale, dépendance économique, perte de souveraineté politique.
On peut expliquer certaines régressions de certains pays de mille manières, angles, points de vue possibles.
Mais tout de même, cette puissance mondiale que fut l’Argentine, sa classe moyenne, solide, son niveau d’inégalité plutôt raisonnable par rapport à d’autres pays européens, il y a de bien lointaines décennies de cela, qu’est elle devenue ?
On peut ergoter à l’infini. Pour ma part, je n’en sais foutre rien. Ma responsabilité première à moi, citoyen gascon, français, européen c’est m’intéresser à mon environnement direct, et essayer de contribuer à changer les choses qui ne me semblent pas justes.
Mais pour autant, je me sens le loisir de réflechir sur ces sociétés d’amérique latine qui m’ont toujours accueilli les bras ouverts.
Leurs grandeurs.
Et leur face obscure.
En ce sens, il y a un trait culturel qui pour moi est au cœur de tout, et que l’argentin partage avec le venezuelien, gavé de pétrole ou le libanais de beyrouth, gavé de business. C’est la viveza, la viveza criolla, mélange d’astuce malhonnête, débrouillardise faite de repli individualiste,d’opportunisme, de corruption éthique, d’affranchissement systématique des règles qui fixent le Bien commun, l’intérêt général, de création permanente d’exceptions. Omnisprésente, insupportable, cette viveza est le vrai problème, à la fois cause et conséquence de nombreux problèmes structurels su pays.
Certaines phrases, aphorismes révèlent cette putain de viveza criolla:
· “El vivo vive del zonzo, y el zonzo de su trabajo”
· Le vivo/ptit malin vit du couillon, le couillon de son travail
· “Yo, argentino”: le début de l’affranchissement de règles universelles, de principes pour se cacher derrière un prétexte nacional ou une particularité nationale fallacieuse
· La “mano de Dios” de maradona contre les anglais, la tricherie glorifiée, on les a bien niqués. Et on revendique..manque de panache éhonté..
· “Madrugar antes de que te madruguen”. Se lever tôt avant qu’ils te couchent tôt.
· Ca veut dire agir vite, pour tromper les autres. Surprendre, taper le premier, paralyser l’autre. Qu’il n y ait pas de riposte possible.
· “al que madruga Dios lo ayuda” y “no por mucho madrugar amanece más temprano” : dieu l’aide
· “Si uno no joroba, lo joroban.” Intraduisible
· El “caballo del comisario”, pronunciada con comprensión para referirse a una persona con “cuña”, a favor de quien se realiza cualquier arbitrariedad.
· “Siempre primero yo”, Moi d’abord, même si je dois pour cela écraser les autres
· “Total, si no robo yo, robará otro” : au final, si c’est pas moi qui vole, ce sera un autre.
· “A mí nadie me ganará de mano” …on me chopera jamais..
· “El fin justifica los medios”. Machiavel au quotidien
· “Los de afuera son de palo”. La corruption génère des bénéfices, ceux d’en dehors sont un problème en bois.
· “Hecha la ley, hecha la trampa”: la loi sécrète la tromperie
Aphosimes tirés d’une analyse dont j’ai perdu l’adresse…
Vous fais signe quand je la retrouverai.
PATXI